Depuis la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2021, un loueur de meublé de tourisme qui dépasse 23 000 € de recettes annuelles doit verser des cotisations sociales, même s’il reste loueur en meublé non professionnel (LMNP) sur le plan fiscal. Beaucoup de propriétaires l’ignorent encore.
Dans cet article, nous faisons le point sur les règles, les régimes possibles et la façon d’anticiper.
Article mis à jour en septembre 2026.
1. Le seuil des 23 000 € : un déclencheur pour l’URSSAF
- Jusqu’à 23 000 € de recettes annuelles, la location meublée relève de la gestion du patrimoine privé : pas de cotisations sociales, seulement des prélèvements sociaux.
- Au-delà de 23 000 €, le loueur est considéré comme professionnel pour les cotisations sociales (sauf pour les chambres d’hôtes). Il doit déclarer son activité sur le guichet unique des formalités des entreprises et verser des cotisations.
- Ce seuil social est distinct du statut fiscal : on reste LMNP tant que les recettes ne dépassent pas aussi les autres revenus d’activité du foyer.
Concrètement : au-delà de 23 000 € en courte durée, vous basculez dans le champ des cotisations sociales, même si votre statut fiscal reste LMNP.
2. Des recettes faciles à retrouver
Si vous louez par une plateforme (Airbnb, Booking…), celle-ci doit vous remettre chaque année, en janvier, un document indiquant le montant brut de vos transactions de l’année précédente.
Ce montant permet de savoir tout de suite si vous avez franchi le seuil de 23 000 €. Vos déclarations fiscales et sociales doivent être cohérentes avec lui : mieux vaut régulariser votre situation dès que le seuil est franchi.
3. Quels régimes de cotisations sociales ?
Au-delà de 23 000 € de recettes, le régime social dépend du type de meublé et du montant des recettes. Pour les revenus 2026 :
- Meublé de tourisme non classé : régime des travailleurs indépendants.
- Meublé de tourisme classé : régime du micro-entrepreneur possible jusqu’à 83 600 € de recettes, si les recettes 2024 ou 2025 n’ont pas dépassé 77 700 €, avec option pour le régime général de la Sécurité sociale. Sinon, régime des travailleurs indépendants.
- Au-delà de 83 600 € de recettes : régime des travailleurs indépendants dans tous les cas.
Pour les revenus 2025, les meublés de tourisme classés comme non classés pouvaient encore choisir entre micro-entrepreneur, travailleur indépendant et régime général, jusqu’à 77 700 € de recettes.
Les taux et modes de calcul des cotisations sont détaillés sur le site de l’URSSAF.
Conseil :
faire classer son meublé permet un abattement fiscal de 50 % au lieu de 30 % au micro-BIC et, depuis 2026, de rester éligible au régime du micro-entrepreneur, sous conditions.
4. Les fausses idées à éviter
- « Je suis LMNP, donc je ne paie pas de cotisations. »
Faux au-delà de 23 000 € : le statut fiscal et le seuil social sont deux choses différentes. Un loueur peut rester LMNP pour l’impôt tout en devant des cotisations sociales. - « Sous 23 000 €, je ne dois rien. »
Pas de cotisations sociales, mais les recettes restent à déclarer chaque année et supportent les prélèvements sociaux, au taux de 18,6 % pour la location meublée.
5. Comment anticiper un redressement URSSAF en LMNP ?
- Calculez vos recettes annuelles issues de la courte durée (notre tableau de bord propriétaire vous permettra de le faire en un clic).
- Si vous approchez ou dépassez 23 000 €, préparez la déclaration de votre activité sur le guichet unique des formalités des entreprises.
- Choisissez votre régime fiscal (micro-BIC ou réel) et, lorsque vous avez le choix, votre régime social.
- Étudiez le classement de vos meublés : il ouvre un abattement fiscal plus élevé et l’accès au régime du micro-entrepreneur.
- Gardez vos justificatifs et le récapitulatif annuel de vos plateformes.
En résumé
- Plus de 23 000 € de recettes annuelles en meublé de tourisme = cotisations sociales obligatoires.
- Le statut fiscal LMNP peut rester inchangé, mais socialement vous êtes considéré comme un loueur professionnel.
- Depuis 2026, un meublé de tourisme non classé relève du régime des travailleurs indépendants ; le classement garde l’accès au micro-entrepreneur, sous conditions.
- Sous 23 000 €, pas de cotisations, mais des prélèvements sociaux de 18,6 %.
- Mieux vaut anticiper dès maintenant qu’avoir à régulariser plus tard.
Conclusion
Pour les bailleurs LMNP en location courte durée, le seuil de 23 000 € de recettes est la règle à surveiller. Il ne change rien au statut fiscal, mais il fait entrer l’activité dans le champ des cotisations sociales.
Conseil final :
suivez vos recettes, étudiez le classement de vos meublés, choisissez votre régime avec un expert-comptable, et déclarez votre activité dès que le seuil est franchi.
